Le 11 mai dernier, Hélène de Chantérac a animé une journée de formation auprès des étudiants du DIU « Accompagnement et droits des aidants » d’Aix-Marseille Université. Au programme : communication avec les aidants, gestion des situations sensibles, écoute, cadre relationnel et outils concrets directement mobilisables par les professionnels sur le terrain.
Hélène de Chantérac, cofondatrice de Nouveau Souffle, intervenait dans le cadre du Diplôme Inter Universitaire « Accompagnement et droits des aidants » d’Aix-Marseille Université. Objectif de cette journée : aider les professionnels à mieux communiquer avec les proches aidants, dans des situations souvent marquées par le stress, les émotions et la complexité relationnelle.
Comment accueillir une parole débordante sans couper la relation ? Comment répondre à un aidant épuisé qui surgit au mauvais moment, quand on est soi-même pris par le temps ? Ces questions traversent le quotidien de nombreux professionnels accompagnant des proches aidants. Elles ont structuré cette journée. La formation propose une approche très concrète, nourrie d’exercices pratiques et de mises en situation tirées du terrain.
Premier enseignement : avant même de commencer un échange, il faut s’assurer qu’il peut avoir lieu. Vérifier sa propre disponibilité mentale, clarifier le sujet, indiquer la durée prévue… Ces gestes paraissent simples. Pourtant, leur absence génère des échanges bâclés, des informations manquées et des tensions inutiles. Les participants ont travaillé sur des situations concrètes, dont celle d’un aidant qui interpelle le professionnel dans le couloir au moment où il part en rendez-vous, pour trouver des formulations qui maintiennent le lien sans sacrifier le cadre.
Écouter, cadrer, ne pas subir
L’écoute a occupé une place centrale dans la journée, avec une attention particulière portée au non-verbal et aux signaux émotionnels que les aidants n’expriment pas toujours avec des mots. Les participants ont retenu la nécessité de repérer ces détails, d’y mettre des mots, de questionner plutôt qu’interpréter. « Repérer tout ce que traduit le non-verbal et ce qu’il révèle de l’état émotionnel de la personne » a ainsi été identifié comme une compétence à part entière.
La formation a également permis d’explorer les outils de la Communication Non Violente (CNV). En s’appuyant sur ses quatre étapes : observation, sentiment, besoin, demande, elle invite les professionnels à créer les conditions d’un dialogue plus coopératif avec les aidants. « Ils ont beaucoup apprécié la technique de la communication non violente et les mises en situation associées », a relevé Hélène de Chantérac. Ce que les participants ont surtout retenu : la nécessité « d’exprimer ses besoins et de nommer les besoins », aussi bien du côté du professionnel que de l’aidant.
Savoir dire non sans rompre la relation
Face à des aidants en demande forte, le professionnel a souvent du mal à poser des limites sans culpabiliser. La formation propose une méthode structurée : accueillir la demande, reformuler, dire non clairement, expliquer ses raisons, puis construire une alternative. Les participants ont notamment souligné le besoin « de savoir poser un cadre, et d’apprendre aussi à dire non » dans des situations où le réflexe de ne pas décevoir l’emporte souvent sur ce qui serait réellement utile à l’aidant.
En fin de journée, un apport issu des neurosciences a permis d’aborder la gestion du stress, en apprenant à identifier comment il se manifeste chez un aidant et à adapter sa posture en conséquence.
Anaëlle Cappellari, maître de conférences à Aix-Marseille Université et co-directrice du diplôme, a introduit cette intervention en soulignant l’intérêt de croiser dans un même parcours des apports juridiques, des réalités de terrain et des compétences relationnelles concrètes.
Les candidatures pour la prochaine session du DIU, prévue en octobre 2026, sont ouvertes.
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